I. 1. Ce qui est vivant et ce qui ne l’est pas (3.1.1./3.1.7.)

Traiter du vivant en commençant par les origines de la vie sur Terre, cela paraît naturel. Pourtant, quant à savoir ce qu’est la vie et comment elle a pu apparaître, cela ne nous apprendra pratiquement rien !

Dans le phénomène de la vie sur Terre, deux choses frappent en première approche : l’extrême prolifération des organismes vivants à la surface du globe, quels que soient les milieux. Et, en regard, la difficulté à saisir l’apparition de la vie et même à définir ce dont il est question. A ceci, il faut encore ajouter l’extrême lenteur des choses : on ne sait trop quand la vie est apparue sur Terre mais elle remonte au moins à 2,5 milliards d’années – les découvertes les plus récentes suggèrent 3,95 milliards d’années. Mais, à partir de 2,5 milliards d’années, il faut encore attendre un milliard d’années pour voir apparaître les premiers êtres multicellulaires. C’est là une échelle de temps à laquelle il nous est difficile de penser le déroulement d’un phénomène.

De nos jours, nous concevons que l’apparition de la vie a très bien pu représenter un phénomène unique, historique. Et si, longtemps, on a pu chercher quel principe de vie animait le vivant et avait pu animer une matière encore inerte, nous ne cherchons plus de nos jours qu’une première créature vivante. Pour nous, la vie et le vivant sont une même chose. Toute la vie sur Terre, concevons-nous, est l’histoire de l’organisation singulière d’un ou de quelques êtres et de leur descendance – comme en témoigne l’extrême proximité génétique de tous les vivants actuels : nous avons 60% de gènes communs avec les éponges ; 80% avec les ténias.

En fait d’origines de la vie, ainsi, nous ne pouvons chercher que l’ancêtre du monde vivant actuel et si nous admettons que d’autres formes de vie que celles que nous connaissons étaient sans doute possibles, nous sommes bien incapables de les imaginer, tant la vie représente pour nous un phénomène radicalement singulier.

Le problème est qu’il y a une contradiction manifeste en tout ceci : nous tentons d’expliquer comment un assemblage de matières a pu conduire à la formation d’un être dont l’organisation, d’emblée, a dû dépasser pourtant le niveau du simple assemblage. Nous nous efforçons de penser la vie comme une matière unique mais non pas spécifique et pensons ainsi une chose et son contraire. Comme pour ne pas avoir à reconnaître notre vitalisme – nous qui, comme jamais auparavant, avons pourtant fait de la vie un phénomène irréductible. Quant à tenter de préciser la frontière entre ce qui est vivant et ce qui ne l’est pas, nous traiterons ainsi successivement de deux thèmes : A) Les origines de la vie & B) Les limites de la vie.

Consulter/Télécharger le texte (28 pages) : Ce qui est vivant et ce qui ne l’est pas.

A) Les origines de la vie.

La soupe pré-biotique. L’expérience de Miller. Milieux possibles pour la formation de la vie. Les thermophiles. La vie venue de l’espace. Un nuage vivant. Le caractère indécis de ces spéculations. De la vie sur Mars ?

B) Aux limites de la vie.

Naissance de la biologie. Des créatures informatiques peuvent-elles être considérées comme vivantes ? Le thème de la grande chaîne des êtres. A la recherche de la première forme de vie. Quand les cristaux passaient pour vivants. Les virus. Leur découverte. Leur nature. La vie réduite à la transmission d’une information. Les prions. Une planète vivante. La vie distincte du vivant.

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Abstraction organique : Frantisek Kupka Quatre histoires de blanc et noir.